Peintre
et sculpteur, grand nombre de réalisations — graffiti, sculptures
et peintures, ainsi que des oeuvres plus graphiques et des travaux de décoration
intérieure — sont présentés d’une manière hors-norme
dans cette galerie interactive et ludique qui exploite les nombreuses
possibilités de Flash. Le bon esprit de la figuration libre, des arts
singuliers, des comics underground des années 60 – 70 et du pop design
de la même période transparaît dans ses œuvres…
FAVARICAPOCALYPSE
par Fabrice
DEPERROIS 1993
La
production et le travail de Samuel Favarica semblent n’avoir aucune frontière.
Tel un magicien urbain, ce qu’il touche s’enflamme de couleurs et de formes
électriques.
Voyageur donneur de couleur porté par des mouvances cosmiques, il trace
dans l’urgence ses pictogrammes et les images comme une obsession dangereuse.
Samuel Favarica recouvre, destructure, tronçonne, colle des objets du quotidien,
arrache leurs curs, explose leurs matières, expose nos fantasmes
avec force et troubles.
Regard vif et cynique de nos sociétés. Peut-être comprendrons
nous à temps ce prophète, cet ange tombé du ciel pour nous
prévenir de la FAVARICAPOCALYPSE.
VERSION
COMPLIQUÉE par
Roger BALAVOINE 1993
L’écriture
de Samuel Favarica porte en elle son propre doute. Sa fonction fondamentale constitue
une remise en cause de la représentation (plus ou moins) religieuse,
une mise en doute de la théatralité portée en forces les
plus extrêmes.
Iconoclaste fondamental, perturbateur des images reçues, acceptées,
mal décantées par les manuels illustrés d’instruction folklorique,
Samuel Favarica illustre le recours à l’intoxication volontaire par le volume
et la couleur, par le relief arrogant et la démythification sexuelle
ancrée dans le désir d’importuner le poids ancestral des regards
mornes.
Sa peinture s’incrit dans la droite ligne d’une nouvelle figuration lyrico-psychédélico-obsessionnelle.
Résumé clarifiant pour le lecteur plus courant : Samuel Favarica perturbe
et il a bien raison.
FAVARICA
ARTISTE FRONTALIER par Pierre SOUCHAUD 2000
Samuel
Favarica appartient assurément à cette famille dispersée,
à cette diaspora difficilement cernable des créateurs dits singuliers,
hors-normes, marginaux, bruts, autodidactes, border-line, trash, hip-hop, etc. :
Tous issus de friches périphériques, incertaines, brumeuses, frontalières.
Ils sont aux frontières, en effet, du bon goût imposé, de
la bonne santé physique et mentale, du bon ordre socio-économique,
de la bonne moralité et de la normalité auto-satisfaite.
Si l’on parle à leur sujet de spontaneité, c’est qu’ils naissent
hors des systèmes de référence dominants, loin des grandes
machines centrales à fabriquer du produit artistique labelisé,
officialisé, aseptisé (avec mention obligatoire de traçabilité,
calibre et date de péremption).
Leur existence vient d’ailleurs. Elle est à la fois imprévisible
et nécessaire. Elle s’engendre au plus profond de l’être individuel.
Elle est nécessité intérieure.
Et c’est ainsi que ces artistes possèdent une grâce ou une vérité
mystérieuse qui échappe aux mécaniques, qui dépasse
les clivages socio-culturels et qui appartient à tous.
L’oeuvre de Samuel Favarica est à cet égard exemplaire de cette
exploration de soi, qui permet, par une transcendance de la difficulté
d’être au monde, par une mise en forme de la douleur intime, par le détournement
des objets et des images mythiques de la modernité, d’être l’expression
d’une sensibilité contemporaine globale.
C’est à ses frontières que le réel prend sens.
ART ET DÉCHIRURE par Roger BALAVOINE 1994
Et
Samuel Favarica, de plus en plus impliqué dans son ardeur à crier
à la fois le désespoir d’un monde en perte d’identité et
la dérision qu’il lui inspire. Sacré mélange, couleurs
agressives, montages surréalistes : déchirures, cris et débordements;
Favarica fonce dans le lard du confort, sardonique et réaliste, comédien
avéré d’une époque où l’homme se perd faute de
partage.
PRO-VOCATION
par Baron SNOBARD DE PIERJE 1993
C’est positivement génial, cette idée de greffer les rebuts superfétatoires
de notre société de consomation; et de ces gargouilles grimaçantes
en tirer des symboles baroques. Comme la provoc’ du hard rock. Que la grande
kriek me croque !
Pieds-de-nez à la quotidienneté, coups de pied au train des conceptuels.
Toutes les valeurs classiques se déliquessent, mon pauv’ meussieu ! Alors
on éclabousse de couleurs notre triste monde plein de fadeur.
La monstruosité projetée sur ses compositions fait partie du jeu
pour conjurer ses propres démons. Guérir le mal par le mal, mais
sans trop se prendre au sérieux.
Samuel revendique le droit naturel à la marginalité. Ce qui fait
ressortir sa touche instinctive. Certains voudraient y voir un certain laxisme
j’m’en foutiste. Grossière erreur ! Sa rage de peindre est aussi ferveur.
N’est pas diaboliquement sauvage qui veut…
VERSION
PLUS… TOTEM par HURON DÉLURÉ 1993
Hugh, mon frère ! Moi, beaucoup aimer ce que toi faire. Toi grand sorcier
de peinturlure. Dans ton wigwam, toi montrer beaucoup d’objets collés
en relief, comme d’autres colorient leur visage.
Couvrir de luminosité tout ce qui bouge -moccasins, chevaux mécaniques,
calebasses, totems à ta portée- c’est obsession perpetuelle.
Quelques guerriers et squaws impassibles prennent toi comme sauvage, haussent
les épaules devant ta démarche brute, te traitent de papoose barioleur.
Eux parler fort, vouloir déterrer la hache de guerre de l’Art. Un conseil
de sachem : ignore ces vautours déplumés sans cervelle. Fume tranquillement
ton calumet de la paix et peins sans relâche au hasard de ton instinct.
Dans ta tête, toi avoir mustang de feu galopant dans les prairies que
tu inventes sur les murs. Et aussi aigle de couleur dans les grandes toiles
de ton ciel.
Toi avoir perdu ton scalp, mais tes cheveux devenir pinceaux à présent.
Continue à décocher avec tes arcs en ciel des flèches à
la grisaille du temps.