L’Art Fabuleux, par Bernard Quentin, 1994

Fava Rica – L’Art Fabuleux

Article de Bernard Quentin

 

Ce natif de Mont‑Saint‑Aignan est un artiste dévoré par le plaisir et le désir de peindre. Comme on dévore un livre, Fava Rica dévore la matière avec ses couleurs flamboyantes, fortes, explosées. Les signes et les courbes déploient une certaine spiritualité dans cet art brut de formes.
 
Regarder une œuvre de Fava Rica, c’est pénétrer un espace de jubilation et se mesurer avec des formes et des audaces que rien ne retient et qu’animent une sûreté de la conception et une maîtrise de la couleur qui surprend ou dérange.
 
Les couleurs resplendissantes de ses fresques évoquent les tissus et objets artisanaux d’une civilisation disparue. Les formes épaisses et les visages intrigants semblent taillés dans le bois comme les statues aztèques.
 
Fava Rica expérimente en permanence de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques afin de ne pas se laisser enfermer dans un courant mais de faire de son art un art de vivre.
 
Son baroquisme aussi pétulant que provocateur confère à la démarche de l’artiste le pouvoir d’exorciser la folie contemporaine.

Bernard Quentin

Article de B. Quentin publié page 2 du no 26 de la revue Valeurs de L’Art paru en octobre 1994 (magazine mensuel 1992‑2002) à l’occasion d’une exposition personnelle à la Galerie du Carré d’Or, 46, avenue George V, 75008 Paris, du 12 octobre au 2 novembre 1994.

 

 
 

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