Article de Roger Balavoine, 1993

Favarica – Articles de 1993 par Roger Balavoine

Version compliquée

 

L’écriture de Favarica porte en elle son propre doute. Sa fonction fondamentale constitue une remise en cause de la représentation (plus ou moins) religieuse, une mise en doute de la théâtralité portée en forces les plus extrêmes.
 
Iconoclaste fondamental, perturbateur des images reçues, acceptées, mal décantées par les manuels illustrés d’instruction folklorique, Favarica illustre le recours à l’intoxication volontaire par le volume et la couleur, par le relief arrogant et la démythification sexuelle ancrée dans le désir d’importuner le poids ancestral des regards mornes.
 
Sa peinture s’inscrit dans la droite ligne d’une nouvelle figuration lyrico‑psychédélico‑obsessionnelle.
 
Résumé clarifiant pour le lecteur plus courant : Favarica perturbe et il a bien raison.

Roger Balavoine († 2010)

Roger Balavoine (né le 13 août 1932 à Mont‑Saint‑Aignan et mort le 13 février 2010 à Rouen) est un critique d’art français.
Journaliste au quotidien régional Paris‑Normandie et chroniqueur à RCF, il fut considéré comme le chantre de la culture en Normandie.

 

Samuel Favarica – Portrait
Samuel Favarica – Portrait 1993

 

Pro‑vocation

 

C’est positivement génial, cette idée de greffer les rebuts superfétatoires de notre société de consommation ; et de ces gargouilles grimaçantes en tirer des symboles baroques. Comme la provoc’ du hard rock. Que la grande Kriek me croque !
 
Pieds‑de‑nez à la quotidienneté, coups de pied au train des conceptuels. Toutes les valeurs classiques se déliquescent, mon pauv’ meussieu ! Alors, on éclabousse de couleurs notre triste monde plein de fadeur. La monstruosité projetée sur ses compositions fait partie du jeu pour conjurer ses propres démons. Guérir le mal par le mal, mais sans trop se prendre au sérieux.
 
Samuel revendique le droit naturel à la marginalité. Ce qui fait ressortir sa touche brute, instinctive. Certains voudraient y voir un certain laxisme j’m’enfoutiste. Grossière erreur ! Sa rage de peindre est aussi ferveur. N’est pas diaboliquement sauvage qui veut…

Baron SNOBARD de PIERJE

 

Version plus, …totem

 

Hugh, mon frère ! Moi, beaucoup aimer ce que toi faire. Toi grand sorcier de peinturlure. Dans le wigwam de la galerie Médiane, toi montrer beaucoup d’objets collés en relief, comme d’autres colorient leur visage.
 
Couvrir de luminosité tout ce qui bouge – mocassins, chevaux mécaniques, calebasses, totems à ta portée – c’est obsession perpétuelle.
 
Quelques guerriers et squaws impassibles prennent toi comme sauvage, haussent les épaules devant ta démarche brute, te traitent de papoose barioleur. Eux parler fort, vouloir déterrer la hache de guerre de l’Art. Un conseil de sachem : ignore ces vautours déplumés sans cervelle. Fume tranquillement ton calumet de la paix et peins sans relâche au hasard de ton instinct.
 
Dans ta tête, toi avoir mustang de feu galopant dans les prairies que tu inventes sur les murs. Et aussi aigle de couleur dans les grandes toiles de ton ciel.
 
Toi avoir perdu ton scalp, mais tes cheveux devenir pinceaux à présent. Continue à décocher avec tes arcs‑en‑ciel des flèches à la grisaille du temps.

HURON DÉLURÉ

 
 

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